Editorial du 17 au 24 juin

vendredi 17 juin 2016 par Radio-Grésivaudan

Dans les cascades d’actualités fétides déversées, des bancs de harengs serrés nagent dans la « densité creuse » de nouvelles toutes plus désolantes et accablantes les unes que les autres et traitées avec mépris pour les consciences, telles de vulgaires os à ronger pour combler le vide de nos existences d’humains connectés.
Si nous n’y prêtons pas attention, nous empilons journée après journée un chaos fourni et servi chaud qui annule la possibilité pour beaucoup d’entre nous d’avoir une pensée vivante et créative, formant une sorte de gelée molle en remplacement de nos dures-mères brisées par trop de téléphone !

Notons que de nombreux journalistes sont formés à pêcher l’information à partir de sujets prédéfinis à l’avance ce qui évite de se frotter au réel et arrange bien les bidons des discours. L’information se conforme donc à des regards très « intéressés » et soumis sur le monde, alors que le travail de journaliste se devrait au contraire de rechercher l’ouverture la plus large, se laisser pénétrer par le réel dans une démarche de le restituer dans la neutralité la plus éthique. La fonction de journaliste devrait relever du don de soi pour la communauté, ce qui ne peut pas être le cas dominant, il suffit de regarder notre premier ministre (#49.3 FM).

Au bout de la chaîne de fabrication, nous attrapons gueules ouvertes ce qu’il est possible d’attraper : du réel déchiqueté, broyé, manipulé, réchauffé, conditionné et balancé aux grandes chaînes de distribution que sont la majorité de nos médias, en particulier les plus opulents. Distinguer la vraie marchandise de la camelote relève de l’expérience forgée, exige du flair, un bon sens critique affûté, peut être une part de chance… Je me mets à la place des générations ultérieures à la mienne…
J’ai l’impression qu’on cherche à les plonger vivantes dans des bains toxiques d’anxiété.

J’aurai, par conséquent envie de dire que, à la manière de beaucoup de choses produites par les êtres humains pour les êtres vivants, elles nous plongent dans le chaos et la confusion plutôt que de nous permettre d’éclaircir et construire nos (en)vies pour demain.

Que faut-il en conclure ?

Si le chaos précède effectivement l’univers qui lui, est sensé être organisé et régit par un ensemble de lois, que faut-il penser des lendemains de cette ère tellement cynique et avide que nous traversons ?
Au fond, l’univers a t-il jamais existé ?

E.G