Editorial du 16 au 23 mai

samedi 16 mai 2015 par Radio-Grésivaudan

Jeudi soir. A la veille de rendre ma copie, je me trouve dans l’état d’un bulletin de vote, que de rage, on déchirerait, avant de le glisser dans l’enveloppe, par dépit. Tiraillé et indécis, incapable d’aborder en profondeur le moindre parti pris, à mi-chemin entre « magouille blues » de Béranger et « debout les damnés de la terre ». Chronique donc d’un désarroi annoncé. Flash back.

Samedi dernier : lecture de l’édito de M.A. Etincelle. Repas arrosé ensuite et colère exprimée à l’instar du sieur éditorialiste. Profanation d’une valeur, ça va chercher dans les combiens (en plus des autres casseroles). D’un coup de canif dans le cœur de la constitution, ceux-là suppriment Egalité et Fraternité des symboles de la République pour s’approprier celle-ci au nom de la seule Liberté (qui dans leur cerveau s’apparente à dérèglementation totale. La République des fieffés coquins, la République des dominants. Baissez la tête , manants, nous sommes vos maîtres.
Je m’insurge. On me rétorque pourquoi t’en faire, est-ce donc si grave ?
Ce qui est grave, c’est que l’on ne trouve plus cela si grave !

Avril : Loi Macron. La gauche toujours plus loin à droite. Travailler plus pour consommer plus, se faire virer une fois le filon épuisé. Je sais, c’est caricatural. Comment s’étonner alors que la droite de la droite…

Semaine dernière :… fiche à Béziers ceux qu’elle considère comme illégitimes sans que l’auteur du geste soit mis hors service.

Mardi : Assis dans le jardin au soleil, un œil sur la revue du Département, l’autre sur le potager qui semble me faire du pied et me signifier que pour l’heure, j’ai du boulot.
Ainsi donc, les voilà revenus.
On avait espéré que le désherbage serait efficace et qu’on ne les reverrait pas de sitôt dans les travées. Mais las, est-ce le manque de motivation pour correctement travailler le sol, est-ce le climat d’Europe, la conjoncture rigoureuse, un terrain qui leur est favorable, ou tout simplement des décisions de nos jardiniers en chef zélés et serviles.
Mais c’est indéniable, les voilà revenus, revanchards, hargneux, en terrain conquis, et plus que jamais revendiquant une légitimité indiscutable pour dominer le territoire.
Vous me direz, c’est le printemps et avec les beaux jours ensoleillés, on met des bulletins dans les urnes et on récolte ce que l’on sème, on se retrouve Gros Jean comme devant. Oh je ne parle pas de mauvaise herbe. Ce serait là se méprendre et me prêter des propos que des âmes mal intentionnées pourraient juger diffamatoires.
Notez, malgré tout, que cette droite conquérante ne se prive pas de pourfendre ouvertement l’écolo et l’humaniste avec cette forme de mépris dans la voix, teinté de dégout, balayant d’une main presque levée, des années de réflexion sur l’équilibre humain et environnemental.
A la poubelle l’écocitoyenneté, construisez-nous plein de Center Park dans les zones sinistrés et des statues à notre effigie pour avoir précarisé des secteurs entiers d’anciens chômeurs. En voilà de la relance économique ! Comme cela fleure bon le XIXe siècle !

Mercredi : Que l’on me pardonne, j’en arrive à regretter la couleur rose. C’est mon côté naïf : celui de croire qu’on peut encore, avec certains, changer le cours des choses. Ce plan de relance basé sur le développement durable n’a duré que le temps de se consumer pour une allumette. Et à jouer avec le feu…

Jeudi : Jour férié. Je résiste. Je ne brûle pas mes branches mortes, c’est interdit. Je ne fais pas mes courses même si mon frigo est vide, Macron peut aller se faire voir.
Jardinage. Un petit moment d’hésitation avant d’arracher quelques herbes étouffantes. Puis un léger sourire en coin lorsque celles-ci valsent (mauvais jeu de mots) au loin.
Puis bicyclette. Je finirai bien par un échange sur la place publique sur l’aménagement durable du cœur du village. Mais aujourd’hui c’est congé et je risque le surmenage. Donc, juste un édito limite, limite.

JM.F


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