Editorial du 15 au 22 janvier

vendredi 15 janvier 2016 par Radio-Grésivaudan

Je n’ai pas encore eu la chance de vous adresser mes meilleurs vœux !
Si vous êtes encore vivants à cette date, et après l’annonce du décès de son « mari René », il y a des chances que vous passiez l’année sans plus de dommages ! Touchez du bois !
Donc, bon, bien, finalement, bonne année quoi !
Si je vous paraît un peu désabusé, vous avez raison. En fait, pour moi comme pour beaucoup d’entre vous je crois, cette période de froid et de jours les plus courts est un peu difficile à traverser. Les années passant j’ai appris un peu à gérer cela, mais je dois négocier avec mon employeur afin qu’il comprenne que je serai moins productif, voire un peu absent, pour le bien de tous, car, obligé de travailler, je ne ferai probablement que du sale boulot. Je réduit donc la voilure, particulièrement entre le 15 décembre et le 15 janvier, lorsque les nuits sont les plus courtes, et que les obligations familiales et gastronomiques sont importantes. Malgré toutes ces précautions, la crise de foie m’a rattrapé et jeté à terre le 31 décembre vers midi. C’est donc blafard et nauséeux que j’ai rejoint mes amis à la soirée, refusant de sacrifier aux huîtres, au foie gras, et à la majorité des excellents mets qui nous attendait, passant une bonne partie de la soirée dans le canapé. Pourquoi vous raconter tout ça me direz-vous à bon escient ? D’abord pour appeler, comme je le fais chaque année à de nouvelles lois sur le temps de travail, qui prendrait en compte la saisonnalité en réduisant drastiquement le nombre d’heure travaillées au cœur de l’hiver, avec l’avantage de nous permettre de visiter nos familles, nos amis, et de consommer tranquillement des produits « engrangés » le reste de l’année, en toute chaleur et convivialité. Et ensuite pour relativiser ces dates stupide de la St Sylvestre et du jour de l’an auxquelles nous sommes sommés de sacrifier sous peine d’être taxés d’associabilité. Pour appeler surtout à vraiment faire la fête, c’est à dire picoler, danser en grignotant à peine au lieu de baffrer quand on s’est à peine remis du festin de la nativité.
Ce qui m’a frappé cette année c’est l’unanimisme de cette fête. A travers la planète, les foules en délire ont salué la nouvelle année qu’elles soient issus de peuple de l’hégire (musulmans), soit en 1437 et non 2016 ou de Chine, soit 2697 ans de plus (même si les Chinois se sont finalement appropriés notre calendrier grégorien depuis un siècle) ou hindou qui démarre 3102 ans avant JC.
Quoiqu’il en soit, la démonstration est faite, l’Occident a bien gagné, imposé ses valeurs et son temps sur toute la planète. Fallait-il le préciser ?
Oui, si l’on considère que le message de fraternité porté par cette célébration mondiale durera maximum 48h, après quoi on pourra recommencer à se mettre sur la gueule en toute quiétude. Le jour de l’an c’est comme la journée de la femme, ce n’est qu’une fois par an, le reste du temps, on continue de violer, battre et assassiner sans vergogne.
Pour ma part, je suis partisan du repos hivernal, du repli dans les chaumières... pour mieux émerger de notre hibernation aux premières fleurs du printemps, lorsque la joie remplit les cœurs, et le soleil la maison. Alors, peut être serons nous content de retrouver nos semblables et de fêter ensemble le renouveau.

À suivre...

S.R