Editorial du 11 au 18 novembre

jeudi 10 novembre 2016 par Radio-Grésivaudan

Quand j’ouvre mon agenda à la date du 11 novembre, en petit il y a écrit : « Morts pour la patrie ».
Elle correspond à l’armistice, la fin des combats de la 1ère guerre mondiale.

Je repense aux monuments aux morts présents dans les villages, comme on trouve un bureau de poste, une boulangerie, une église…
Ces grandes stèles pleines de listes, noms, prénoms et dates…
Par devoir, les bons républicains une fois l’an, commémorent.
Honorent ces noms muets et brandissent le drapeau…
Renouvellent leur attachement à la « patrie » pour entretenir son existence.
Comme on célébrait autrefois l’arrivée des saisons…
Les enfants apprennent cela à l’école, qu’on peut mourir pour la patrie…

Le 11 après le 1er novembre, se souvenir des morts mais cette fois pour la patrie.
Nous devons les honorer car ils ne sont pas morts « pour rien » dirait-on.

Je me dis que c’est surtout les « angles morts » de nos pensées que nous devrions ressusciter.
Angles morts et impasses sur les crimes abjects de la colonisation, ou encore la présence, pendant cette première guerre, des tirailleurs indigènes de l’armée d’Afrique, mobilisés pour la France… Tous les noyés, déshydratés, malnutris de Lampedusa, pour quoi meurent ils ? Qui meurt pour de bonnes raisons ?

« Patrie » n’existe que pour qui veut l’aimer aveuglément. 
Certes les soldats français sont morts dans des conditions tragiques, certes cette guerre était très moche mais quelle guerre ne l’est pas ? Et depuis, à combien de guerres participe notre « Patrie » qui nous sont présentées comme de la gestion des frontières ou interventions sur des territoires à ranger, trier, nettoyer ?

Bien sûr, il est facile pour moi de critiquer puisque je ne me considère de nulle part sauf issue de mes parents eux-mêmes issus d’immigrés polonais et russes… J’ai souvent déménagé, je n’ai pas eu le temps d’appartenir ni à une terre, ni a des gens. Depuis j’erre et me sens chez moi surtout en route. Pour rien au monde je ne prendrai les armes, sûrement aucune entité, aucun concept ni institution. Le combat pour moi, c’est à l’intérieur qu’il se déroule…
Dans les interstices de ma conscience, de mon âme.
C’est donc une guerre pacifique en ceci qu’elle considère que chacun est bon et que chacun se doit sa propre lutte pour apprendre à vivre dans la diversité, pas dans l’adversité.

La belle patrie aujourd’hui traite les immigrés comme des animaux sans dignité.
Que ce soit pendant la première guerre ou maintenant, à Calais ou ailleurs, il y a des gens perdus dont les familles hachées menu cherchent le sens de tout cela sans le trouver.

Alors permettez moi de vous suggérer cette chanson du chanteur congolais Zao et victime de la guerre civile congolaise, avec cette chanson très marquante : Ancien Combattant




Ici les paroles que je vous conseille vivement : http://paroles.zouker.com/zao/ancien-combattant,88921.htm


E.G