Editorial du 10 au 17 juin

vendredi 10 juin 2016 par Radio-Grésivaudan

Il m’incombe aujourd’hui de rédiger l’édito, et cela ne m’est pas facile de choisir un sujet.

Les grèves auraient été un bon sujet si elles aboutissaient à un vrai dialogue.
L’Euro aurait pu être un sujet « d’enorgueillisse-ment », mais à mon âge je pense avoir un peu travaillé sur l’égo, le mien d’abord, celui que l’on peu afficher pour la nation ensuite, et en tout cas comme je ne suis pas une spécialiste de foot et que je ne regarderais pas grand chose de ce programme, je préfère m’abstenir de discourir sur ce sujet.

Alors que me reste-t-il ? Tout le reste me direz-vous ; oui mais là il faut choisir… alors j’ai envie de vous parler de notre belle région, au travers d’expériences que je propose : l’approche sensible du végétal.
Parler des herbes sauvages est en soi une gageure d’autant que généralement on les prends pour ce qu’elle ne sont pas : mauvaises !!! Mauvaises herbes on les nomme souvent !
Pourtant c’est parmi elles que l’on trouve toute notre ancienne pharmacopée. Dominique Villars Botaniste français né en novembre 1745 dans les hautes Alpes a abondé à la constitution de notre pharmacopée locale et a donné son nom à une rue de Grenoble, où il fut étudiant en médecine et où il pratiqua l’Art d’Asclépios, d’Hygie et de Chloris.

Carl Von Linné né en mai 1707 en Suède, alors qu’il devient médecin du Roi 1761 va mettre en place ce qui reste sans doute la plus grande entreprise de classification du végétal : la « dénomination binominale », que nous utilisons toujours aujourd’hui, malgré l’apparition de la notion de Taxon.
En remontant dans l’histoire du végétal il m’est impossible de ne pas nommer :

- Leonhard Fuchs (1504-1566), médecin et botaniste qui donna son nom au Fuchsia.

- Matthiole (1500-1577) médecin et naturaliste qui écrivit sur les simples et les antidotes

- Paracelse (1493-1541) Médecin et chirurgien, astrologue et alchimiste qui établit la théorie des signatures végétales

- Sainte Hildegarde de Bingen (1090-1179) visionnaire et phytothérapeute de la première heure, qui commença à poser des éléments clé de la reconnaissance botanique complétant ainsi les travaux plus anciens de l’école de Salerne (IXè au XIVè). Ces derniers s’appuyant d’ailleurs sur d’autres auteurs plus anciens encore tel que Pline l’ancien, Théophraste, Dioscoride…

Le végétal a été et est toujours autant étudié, de plus en plus sous « l’angle chimique » chaque laboratoire voulant breveter une molécule efficace… Oubliant de fait le « Totum » c’est à dire la plante entière dans son intégrité. Car voyez vous c’est cela l’approche sensible du végétal c’est la globalité, le biotope d’abord, puis ensuite la plante dans ce biotope, puis observer toute les étapes de sa croissance à sa mort… Et là, étrangement, la plante « se donne à lire », c’est à dire que dans ses gestes de croissance, dans la façon qu’elle a de prendre sa place dans l’espace, d’ouvrir ses feuilles de se resserrer sur sa tige pour ensuite laisser s’épanouir ses fleurs, puis enfin faire ses graines et avoir à se faner… tout cela peut être décodé et donner du sens à ce que cette plante est capable de soigner, et si possible gai-rire…

Amener les personnes faire ce type d’observation n’a qu’un seul but, leur permettre de s’arrêter sur ce qui reste les valeurs sures de notre planète, de ce qui est le plus « écologique » au niveau du soin. Voir ce que j’appelle depuis 40 ans les Vertes Personnes et non des mauvaises herbes ; et quand je rentre à la maison après 3 jours de travail sur le terrain, la joie est doublée quand apparait dans mes mails des photos des stagiaires qui ont fait le tour de chez eux et demande de l’aide pour la reconnaissance botanique… alors je sais qu’ils se reconnectent au cycle de Vie de à la Terre et donc à leur intériorité et que mon travail est « bien fait ».

S.S.C


forum

  • Editorial du 10 au 17 juin
    16 octobre 2016, par JPGB

    Salut Simone, Et un bouquet de Bruyères et d’Ajoncs Bretons. Et mes amitiés au Patron !? JPGB

Soutenir par un don