Editorial du 10 au 17 avril

vendredi 10 avril 2015 par Radio-Grésivaudan

Avant l’arrivée des musulmans Arabes et Berbères, l’Espagne était composée d’hispano–romains wisigoths, chrétiens ou juifs qui parlaient latin.

Avec l’invasion Arabo-Berbère, l’Andalousie donne lieu à une multiculturalité à priori réussie, où les différentes populations semblent avoir su/pu conjuguer leurs richesses respectives à peu près en harmonie.
La société Andalouse était composée essentiellement d’Arabes arrivés au VIIIème siècle (puis au XIIéme siècle), de Berbères (qui travaillaient dans l’agriculture, l’élevage ou l’artisanat), de Mozarabes (chrétiens d’Espagne qui ont abandonné le latin pour parler l’arabe), de Muwallads (chrétiens convertis à l’islam qui pouvaient prétendre à des postes privilégiés) et enfin de Juifs qui furent à l’occasion libérés des persécutions Wisigoths.
Les musulmans alors conquérants, ont permi durant 4 siècles l’existence d’autres religions du livre : églises et synagogues sont restées des lieux de culte libres, même si la langue du quotidien était l’arabe.
De nombreuses bibliothèques, universités, écoles furent construites durant cette période. Alors que le reste de l’Europe baignait dans le sang des guerres, les dirigeants andalous avaient le goût de la culture et de la connaissance. Ils soutenaient les scientifiques, philosophes, artistes, poètes... On venait du monde entier pour apprendre la médecine, les mathématiques et la poésie. La rencontre des cultures a produit de véritables chefs-d’oeuvre à travers l’architecture. Grenade, Cordoue, Séville en sont les témoins...

Ceci est un appel (bref mais sincère) à la Fraternité. Elle est créatrice de beauté, d’intelligence, de paix. Une acceptation de l’altérité, telle qu’elle existait de façon quasi pacifique à l’époque d’Averroès. Epoque ou l’orient et l’occident ont peut-être su converger en sensualités, « savoir-unir » des forces et identités de chacun.
A une époque où l’abondance se manifeste de façon matérielle et l’assèchement des cœurs se prononce autant que les postures (il suffit d’ouvrir les yeux ou faire un simple pas de côté), nous sommes aveuglés et impotents face à la situation tragique des peuples qui sont tués, muselés, violemment décimés, pour des questions de profit.
J’espère un jour pouvoir dire/penser :
Yâ mâ ahla l-wisâl : comme l’union est douce (agréable)
Min ba‘di l-djafâ : après l’éloignement (ce mot signifie au sens premier : cruauté, dureté et tyrannie).
Nous pourrons je l’espère partager un jour l’Az-zulâl : eau douce, pure et limpide...

A tous ceux que ce monde tue (à petit feu et brutalement) et à tous ceux qui rêvent encore de l’Andalousie...

E.G