Communauté Inga de Colombie : Terre des peuples, exploitations minières et médecine traditionnelle.

vendredi 21 octobre 2011 par Radio-Grésivaudan

L’association ECLAT, échanges culturels Latino-américains, a proposé du 5 avril au 5 mai 2011 une série de rencontres avec la communauté indigène INGA du Haut Putumayo colombien. La délégation est composée du Taita Domingo Tisoy, médecin traditionnel de 70 ans et autorité traditionnelle locale, Andres Cordoba, 38 ans, jeune médecin et musicien thérapeute et Ricardo Diaz, 60 ans, sociologue et directeur de la publication "Vision Chamanica", spécialisée dans les médecines indigènes.
Ce projet était en préparation depuis le mois de février 2010, date à laquelle Eric Latil, président de l’association ECLAT et organisateur du projet a voyagé 15 jours dans le Putumayo colombien.Particulièrement touché par l’engagement des populations à défendre leur culture et leur médecine traditionnelle, par leur volonté de transmettre leurs connaissances aux nouvelles générations, par leurs revendications à s’autodéterminer et à vivre en paix avec leurs traditions. Ce voyage a permis de rencontrer 5 médecins guérisseurs pour échanger sur leur travail, leurs espoirs, leurs projets, leurs doutes et leurs besoins. Ainsi, les représentants de la culture ancestrale INGA ont témoigné en France des problèmes sociaux et culturels auxquels ils sont exposés comme la perte de la transmission et l’oralité, de l’accès aux soins dans sa forme traditionnelle indigène et des moyens pour les dispenser, la
reconnaissance de leur médecine et de la recherche d’une économie locale alternative permettant de limiter l’exode des jeunes et vivre dans la dignité.

Du 12 au 26 avril dernier, ils étaient à l’espace Paul Jargot, à Crolles, qui organisait la quinzaine « Terre des peuples » autour de représentants de la communauté Inga de Colombie. Entre les enjeux concernant la volonté de certains grandes compagnies minières souhaitant, sans concertation préalable, exploiter les ressources de la région du Putumayo, et la pratique à peine tolérée de la médecine traditionnelle, avec notamment l’usage prépondérant du Yahé, plus connu sous le nom d’ayahuesca ; nous avons eu l’honneur d’interroger le Taïta (dénomination locale du chamane) Domingo Tisoy ainsi queRicardo Dias Mayorga, sociologue, éditeur, investigateur en médecines ethniques et chamanisme. En effet, Près de 86 ethnies survivent en Colombie, distribuées dans toutes les régions du pays. Elles constituent une grande richesse culturelle et scientifique, avec entre autre , la médicine naturelle et l’utilisation raisonnable de la biodiversité. Ces peuples et cultures sont en train de disparaître, dissoutes dans la société nationale, et chassées de leurs territoires. On peut constater aujourd’hui, que le savoir des indigènes contribue au développement du pays, avec par exemple,
les médecines alternatives et une vision moderne de l’écologie. Afin de mettre à contribution ces savoirs, il est nécessaire d’organiser des espaces d’échange entre les chamans indigènes et les scientifiques occidentaux.

Avec : Taita Domingo Tisoy, chamane Inga
Ricardo Dias, sociologue
Eric Latil, directeur de l’espace P. Jargot

en savoir plus :
http://www.visionchamanica.com/
http://assoeclat.free.fr/amis.html


Dossier du 22/10/11