editorial du 14 fevrier au 21 fevrier

vendredi 14 février 2014 par Radio-Grésivaudan

Cette semaine, je ferai bref. Mieux que bref.
On appellera cela le manque d’inspiration, l’aphonie, ou une catalepsie soudaine. Epuisé par les petites phrases qui font la une, les « tout et son contraire » des cadors politiques, les airs de faux-cul qui s’offusquent plein champ des opportunistes à la petite semaine, les tueurs à gage de l’humanité qui buzzent sans frein, je demande, ce qui est un comble pour un site de radio, une minute de silence. Un rien dans le barouf.
Un néant pourtant. Le bruit de la pluie qui tombe à la rigueur parce qu’elle n’y peut rien faire, la pauvre.
Plus un mot.

 

 

 

C’est dur de rendre compte du silence sur un écran d’ordinateur. L’espace ci-dessus n’est pas significatif et chacun peut l’étirer à l’envie, le peupler de non dits, voire quitter la page, pensant qu’il n’y a rien à voir, circulez…. Et puis pourquoi une minute, pourquoi pas cinq ou treize et trente secondes. Une minute en hommage au regretté Desproges qui renvoyait dans les cordes de leur sinistre bêtise les joueurs de micro à paillettes. Une minute de recueillement pour soupirer sur le sort funeste fait à l’intelligence, au subtil, à la réflexion posée, à ce qui éclaire notre civilisation.
Une minute de silence pour mieux retrouver le sens profond de la parole prononcée, celle perdue dans les amalgames, contresens, détournements de phrases, mensonges d’état, promesses en l’air, rond de jambes, éructations sectaires, faux témoignages, phrases à l’emporte pièce, propagande fasciste, effet d’annonce qui peuplent l’actualité.
Une minute de silence contre ceux qui se la pètent, roulent des mécaniques, font les beaux, pipotent, manient la provocation facile en guise d’argumentaire.

Si la politique c’est pisser plus loin et mieux que son voisin, on peut comprendre que ceux qui détiennent le pouvoir trainent des galoches sur l’équité hommes-femmes et la théorie du genre.
Que l’on ne s’étonne pas non plus, que le tout et n’importe quoi, débité par les fanatiques de tout bord, trouve écho dans les chaumières françaises.

Allez.
Silence.

JM.F