editorial du 1er au 7 novembre

Le 14 octobre 2014, je retrouvais une poignée de passionnés de radio pour un stage organisé par la coopérative « Vent Debout » de Toulouse, intitulé « Radio et éducation populaire » avec pour sous-titre « la radio comme outil de lutte ». Le long trajet (nous partions d’Ardèche et avions rendez-vous dans un gîte à quelques kilomètres de Gaillac) avait pour avantage de nous faire traverser de magnifiques paysages, vallonnés et brumeux. J’y rencontrais une créatrice sonore pleine de projets et d’espoir et nous partagions nos expériences mais aussi nos attentes par rapport à ce stage quelque peu mystérieux.
Le gîte se situait au cœur d’une campagne encore ensoleillée, dans un joli hameau sur une colline entourée de vignes, d’où l’on pouvait apercevoir, barrant l’horizon, une partie de la chaîne des Pyrénées.
C’est en entrant dans le gîte que j’ai découvert l’existence du projet de barrage de Sivens : le vendredi 17 octobre, le gîte organisait une soirée de soutien aux inculpé-e-s du barrage, qui se situait à seulement quelques kilomètres de notre logement cosy. Après rencontres et discussions, j’en apprenais un peu plus sur la ZAD du Testet, lieu de résistance contre un projet à l’objectif plus que discutable et au coût plus qu’exorbitant. Je n’avais auparavant jamais eu vent de cette lutte à la Notre-Dame-Des-Landes.
Outre les réflexions collectives sur les formes que pourrait prendre la radio pour se faire outil de lutte ou plutôt outil d’éducation populaire (comme bon nombre d’entre nous a fini par le définir), le stage prévoyait de nous faire toucher du doigt les mécanismes de « l’enquête de conscientisation », outil d’éducation populaire. Nous avons donc expérimenté les prémices de l’enquête, à partir d’un sujet choisi par chaque groupe. Sur 12 participants, 4 ont choisi de se rendre à la ZAD du Testet, 2 avaient à cœur de traiter la question des violences policières. De mon côté, j’ai choisi d’emblée de mettre de côté ce type de sujets, consciente aussi que je ne pourrai pas poursuivre l’enquête après la fin du stage, à cause de la distance. Etant à ce moment-là plutôt habitée par des « questionnements existentiels », je me suis naturellement tournée vers un sujet que je considérais plus « universel », plus « poétique » mais finalement, d’une autre façon, tout aussi porteur de sens et dénonciateur, « le temps ».
A l’annonce de la mort de Rémi Fraisse, j’ai pris conscience de l’ampleur des dégâts. C’est comme si soudain, je me retrouvais devant une évidence que j’avais bêtement mise de côté : les violences policières valent le coup d’être dénoncées, encore et toujours, et les luttes valent la peine d’être relayées.
Je ne regrette pas d’avoir traité un autre sujet. Je regrette simplement de ne pas y avoir prêté plus attention, de ne pas y avoir accordé plus d’intérêt.
Brassens chantait :
« (…) Jugeant qu’il n’y a pas péril en la demeure
Allons vers l’autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l’allure, il arrive qu’on meure
Pour des idées n’ayant plus cours le lendemain
Or, s’il est une chose amère, désolante
En rendant l’âme à Dieu c’est bien de constater
Qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée
Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente »
Rémi Fraisse et les manifestants présents à la ZAD n’ont pas fait fausse route. Leurs idées sont plus que jamais d’actualité, ce qu’ils défendent doit être défendu. Ils ont raison de ne rien lâcher, ils ont raison de se battre. La police et ceux qui en tirent les ficelles doivent écouter les cris du peuple, tenir compte de la justesse de ses arguments et se remettre une bonne fois pour toutes en question. Et arrêter de prendre les gens pour des cons, de s’acharner sur eux, de ne répondre que par la violence. Vu le raffut médiatique que toute cette histoire a suscité, il semblerait que peut-être, ça fera avancer les choses. Il faut en arriver là pour se faire entendre ? Pour faire entendre les incohérences criantes d’un projet public ?
Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente. Et pas assassiné par la police.

E.P

APPEL AUX AUDITEURS ET PARTENAIRES DES RADIOS ASSOCIATIVES

Depuis trente ans, les radios associatives ont participé à l’essor culturel et économique des territoires. Elles sont des acteurs essentiels à l’expression des citoyens, participent à la lutte contre toute forme d’exclusion et sont les garantes de la démocratie locale.
C’est pour cette raison que l’Etat a instauré depuis toutes ces années le Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique Locale, le FSER.
Cependant notre mission au service de la liberté d’expression est à ce jour gravement menacée.
En effet, depuis 2010, ce Fonds reste bloqué alors que le nombre de radios éligibles ne cesse de croître… Mécaniquement, chaque radio voit ses subventions diminuer alors que les charges de fonctionnement sont en constante progression.
Mais la situation est aujourd’hui bien plus préoccupante compte tenu du fait que le Ministère du budget prévoit de faire supporter à nos radios, un gel budgétaire à hauteur de 7% des crédits du FSER 2014 soit un peu plus de 2M€.

Si une telle disposition était appliquée, elle mettrait immédiatement en péril l’activité de notre radio et les emplois que nous avons créé et pérennisé. Le secteur de la radiodiffusion associative compte actuellement prêt de 3000 salariés et constitue, en France, le 1er employeur radio.

Si la situation critique à laquelle nous sommes déjà confrontés se dégradait encore, nous ne pourrions plus financer les emplois et donc assurer la majeure partie de nos actions au service des citoyens et de la vie associative. A terme, nous disparaîtrons.

Nous savons que vous mesurez l’impact de notre travail et les enjeux pour notre territoire, c’est pourquoi nous vous sollicitons afin que vous interveniez de toute urgence pour la levée immédiate du gel budgétaire 2014.

POUR ASSURER LA PRÉSENCE DES RADIOS ASSOCIATIVES SUR LES TERRITOIRES
INTERVENEZ AUPRES DE VOS ÉLUS EN LEUR DEMANDANT DE RELAYER AUPRES DU GOUVERNEMENT VOTRE INQUIETUDE ET VOTRE VOLONTÉ DE VOIR SE POURSUIVRE LE TRAVAIL DE TERRAIN DE VOTRE RADIO

Micros de Régions

Lundi 03 Novembre :Fenêtres sur Cour par Radio Couleurs FM Diffusion publique

Résumé : Ce mois ci, nous faisons un zoom sur l’association « Huit et Demi » à Villefontaine, avec Christian Repiton, Président et Jocelyne Dias, Bénévole active. Un coup de projecteur est fait sur l’une des prochaines soirées avec le réalisateur Jérémie Cuvillier. En fin d’émission, un focus est fait sur la filière des métiers de l’audiovisuel au Lycée Léonard de Vinci à Villefontaine avec Malika Anton, Enseignante et coordinatrice de la section.

Intervenants : Christian Repiton, Président et Jocelyne Dias, Bénévole à l’association « Huit et Demi » à Villefontaine. Jérémie Cuvillier, Réalisateur. Malika Anton, Enseignante au Lycée Léonard de Vinci à Villefontaine coordinatrice de la filière des métiers de l’audiovisuel.

CréationS radiophoniqueS

Dimanche 2 novembre à 18h
rendez-vous avec "La sicile à bout de souffle " Un documentaire de Guillaume abgrall et chiara todaro

La vie locale

La Vie Locale du 01 et 02 novembre
le dossier : Une semaine pour l’emploi

L’invité de la semaine : Albert Jacquard

Carnet de voyage

Samedi 1er novembre : Rencontre avec Marina, au petit matin, sous son parapluie pour notre arrivée à Oullan Bator juste avant la fête nationale Mongole. Et souvenir des filles de la Russie

La Télé au Placard

Les invités du vendredi 31 octobre :
* L’actualité de l’office de tourisme de Grenoble avec Yves Exbrayat
* "Écrivains en Grésivaudan" avec Denise Ricciardella et Anne Seibert
* La chronique littéraire de Surya